• " Piano à bretelles " Aquarelle 65 X 50  Chanson: Gilles Servat: " Chanter la vie, l'amour..."

        Le son d'un piano à bretelles arrivait jusqu'à mes oreilles. Des notes sourdes et mélancoliques qui accompagnaient une voix heurtaient mes tympans elles aussi... Ca venait de la petite rue. Ma dérive s'annonçait "positive"... Mon itinéraire du jour depuis mon point de départ ( la sortie du métro) était de prendre la première rue à gauche puis la deuxième à droite, la troisième à gauche, la quatrième à droite... etc. Si je tombais sur une impossibilité ( impasse, travaux ou autre...) je reprenais ( 1ère à gauche, 2ème à droite...etc). Je ne voulais pas me prendre la tête aujourd'hui alors j'avais adopté une règle simple...! J'en étais donc à ma " 6ème à droite " , environ une heure de marche tranquille avec cette bruine continue que j'adorais ( les badauds se font rares dès qu'il tombe trois gouttes et ça m'arrangeait...! ). La voix et l'accordéon étaient de plus en plus audibles, ils réveillaient en moi quelques souvenirs, non pas que je connaissais la chanson, mais ça me rappelait les ambiances des estaminets dunkerquois... il y a déjà pas mal de temps... Et effectivement, d'un vieux troquet comme il n'en n'existe plus beaucoup à Paris, une " chanson gnangnan, et chauvine et vieux jeu " ( comme aurait dit Jean Roger Caussimon ) m'attira comme un aimant et je pénétrais dans le café. Il y avait un client au bar qui ne prêtait aucune attention au musicien, il ne devait d'ailleurs plus faire attention à grand chose si j'en juge au regard vitreux qu'il me jeta avant de reprendre son discours muet avec son verre dont il demanda au patron de renouveler la contenance...! Je commandais une bière du Nord (nostalgie...) et me tournais vers l'artiste, histoire de m'imprégner de sa musique... mais je ne comprenais pas les paroles. Elles semblaient venir d'un monde lointain, de l'est, sa voix rauque me faisait penser à Vladimir Vyssotski... mais il y a 36 ans qu'il est mort...ce n'est donc pas lui !  Le patron me dit qu'il joue dans un petit "cabaret" de Ménilmontant mais qu'il ne doit pas être "complètement en règle"...! Moi je m'en fout des règles, je lui demande une deuxième bière et ce que doit l'artiste. Il avait bu une bière, je lui en offre une autre en le saluant en levant mon verre. Il me répond d'un sourire et reprend son concert... Je l'écoute encore un quart d'heure en pensant au Nord et à Marcel et je m'en vais.

                 IL AVAIT BIEN RAISON Guy DEBORD ...

     


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  • ROUGE

    Au mois de Mai prochain, fais ce qu'il te plait... Ne t'enferme pas, joue ta partition dans la rue, " Music in the street..." comme disait Léo, dans la rue la musique... sur les places, les trottoirs, les jardins... cueillons les cerises nous-même, personne ne le fera à notre place... Ta guitare est migrante, ton violon fait écho d'un vent d'est, l'oud de Turquie résonne dans ma rue, le qanûm arménien s'accorde à l'accordéon tzigane... Je ne suis pas un "guignol" que les nouveaux marionnettistes des ministères de Mai feront danser de leur musique... j'ai ma propre partition... elle est internationale

    DANS LA RUE LA MUSIQUE ...

     


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  • Cabane

         Le soleil embellissait la scène, il jetait des éclats sur les murs de la cabane. Elle avait dû être rouge à l'origine... enfin, certaines planches qui ont été assemblées pour sa construction car celles du côté avaient des couleurs indéfinissables...! Ce même soleil "accrochait" à l'intérieur de jolies lueurs arc en ciel sur les parois et les pots de verre de l'étagère. Le visage de la femme était lui aussi resplendissant. Je pensais que bien cadré, l'ensemble ferait une peinture "agréable" ... En fait ce "chalet" à quelques centaines de mètres de la plage n'était pas seul... Je vais en faire le tour avant de me décider sur le "sujet à peindre"... 

                   LE SOLEIL EST UN SACRE FARCEUR... JE HAIS LE SOLEIL


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  • " LE RETOUR"  Aquarelle  56X76

    Il revient dans ce paysage qu'il ne connaissait pas

    Il revient pour un départ

    Il y était venu ... "plus tard"

    Il y reviendra "hier..."

    Il y habita "demain..."

    Il n'accorde plus les temps, il s'accorde du temps

    Il est libre,

    Car il sait la terre hospitalière

    Il sait qu'il peut aller ou il veut, quand il veut...

    Il marchera longtemps encore sur des chemins fabuleux

    Personne ne l'arrêtera jamais, la Zone A Défendre est sous ses pas, 

    "Sept milliards cinq cent millions de ZAD pensait-il, terminé le mot "diaspora"

    Nous sommes d'où l'on vit, de ci de là, partout nous sommes chez nous chez toi chez moi"

    Le bâton à la main il martèle le sable, la terre  les cailloux, il martèle son droit,

    le droit de ne plus être un pressentiment d'être humain

    mais d'être à part entière et pour toujours

     

     

     

     

     


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